Le report d’un an à janvier 2022 d’IFRS 17 donne un peu d’air aux assureurs, mais les plannings des différents chantiers restent serrés en raison des impacts multiples sur le système d’information Fiance / Risque ainsi que sur les processus des directions finance et actuariat. A tel point que le groupe de fédérations internationales de l’assurance porté par Insurance Europe a maintenu auprès de l’IASB sa demande de report à 2 ans.

Actuellement, les équipes programme des assureurs simulent des premiers Bilans et P&L en IFRS 17 (sous forme de dry runs), afin d’affiner progressivement les méthodes de calculs en BBA, PAA et VFA), jusqu’à 2022. En parallèle, ces programmes étudient les deux alternatives « Make or Buy » pour industrialiser les calculs IFRS 17, et s’intéressent aussi bien aux solutions de marché qu’aux développements internes.

Les principales solutions de marchés qui se dégagent sont :

  • L’offre IFRS 17 de SAS
  • La solution TAGETIK de Wolters Kluwer
  • La suite des outils analytiques de Moody’s
  • Les suites Life, P&C et la solution Unify de Tower Watson
  • Aptitude

Ces éditeurs ont implémentés une batterie de traitements paramétrables sur LIC, LRC, BEL, RA et CSM, en particulier pour le discounting.

En parallèle, un processus de révision d’IFRS 17 a démarré mi-décembre 2018. Il commence par une instruction de 25 sujets pour déterminer si des amendements sont justifiés. 6 mois à un an étant nécessaires pour mener à terme cette révision, une version amendée d’IFRS 17 devrait sortir mi-fin 2019. La norme n’est donc pas encore stabilisée à ce stade. Il y a un risque que les éditeurs ne puissent pas prendre compte assez rapidement les impacts sur leurs outils et être au rendez-vous de 2022.

Compte-tenu de ces incertitudes, la mise en place d’un outil interne élaboré par les équipes projets présente plusieurs avantages :

  • Capitaliser les retours d’expériences sur les traitements de génération des dry-runs (gestion de la performance, ajustement des règles de calculs, etc…). C’est l’occasion de construire une solution industrialisable, de façon itérative et agile
  • Prendre en compte des spécificités de chaque assureur (partenariats spécifiques, produits sur-mesure, réassurance et co-assurance, etc)
  • Profiter des lourds travaux sur le système d’Information qu’induit IFRS pour accélérer la transformation digitale des SI finance et actuariat vers les outils de la sphère Big Data
  • Prototypage de traitements en Python / R au lieu de SAS, collecte et stockage dans un Datalake sous Hadoop, déploiement de traitements complexes Big Data sous Spark, etc
  • Supprimer les « points irritants » par l’automatisation, l’industrialisation des processus métiers et de la traçabilité de la donnée, pour le provisionnement en particulier.

Fort de son accompagnement MOA auprès des directions Finance et actuariat des grands assureurs (Generali, Allianz, …), et des compétences digitales de son Lab Big Data, BI consulting accompagne les fonctions finances & risques des assureurs sur l’implémentation de systèmes SI de synthèse en technologies décisionnelles comme en technologies Big Data, en particulier sur la nouvelle chaîne de valeur IFRS 17.

Par Etienne de Saint Louvent , consultant senior spécialiste SI assurance chez BI consulting

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