Nos perspectives dans le métier de l’Assurance

Par un beau matin de septembre 2007, deux éminents émissaires de BI partirent à la conquête du secteur de l’Assurance. La DSI de Generali France avait confié à Marc et David la définition de l’architecture décisionnelle cible, en vue de rationaliser un SI devenu « spaghetti » à la suite des acquisitions des 5 années précédentes.  La valorisation de cette première montée à bord a permis ensuite de prendre d’assaut AXA, CNP, Natixis Assurance, Swiss Life, MNRA et bien d’autres.

 Le navire de « l’Assurance » ne se pilote pas comme celui de la « Banque » :  

  1. L’Assurance fonctionne en cycle inversé. En effet, l’assureur perçoit d’abord les primes (1 : recettes connues) de la part de l’assuré, et l’indemnise si un sinistre survient sur la période couverte (2 : dépenses incertaines). De son côté, le banquier octroie d’abord un prêt à l’emprunteur (1 : dépenses connues), puis perçoit les intérêts au fur et à mesure des remboursements, tant que l’emprunteur est en mesure de les honorer (2 : recettes incertaines). Pour anticiper le paiement des prestations futures, l’assureur constitue des réserves appelées provisions. Elles constituent la majeure part du passif.

  2. L’assureur se rémunère :

    • Par la marge résiduelle entre les primes perçues et les prestations versées (marge technique)

    • Par différents frais prélevés sur la prime (marge administrative)

    • Par les plus-values dégagées par les placements des primes sur les marchés financiers et immobiliers (marge financière)

  3. Sur le segment des particuliers :

    • Les produits d’assurance sont bien plus diversifiés et complexes que les produits bancaires

    • Ils peuvent porter aussi bien sur des biens, que sur des personnes voire des animaux

    • Sur un même contrat, les actes de gestion sont multiples et nombreux

    • Les tiers impliqués dans un contrat peuvent être très nombreux (souscripteur, assuré, payeur, bénéficiaires, etc…)

    • Les contrats peuvent faire l’objet d’une capitalisation à durée indéterminée ou à échéance fixe

    • L’estimation des risques futurs et de la prime à payer fait l’objet de calculs statistiques confiés à des profils hautement spécialisés : les actuaires

  4. Les activités des assureurs, leurs placements financiers, et les relations entre les assurés et les assureurs sont régies par le code des assurances et des mutuelles, en vigueur depuis 1930.

  5. L’Assurance n’est pas soumise aux mêmes normes comptables. Cependant, en tant qu’établissement gestionnaires d’Epargne grand public, elle répond aux normes IFRS qui lui sont propres et plus particulièrement IFRS 4 et IFRS 9.

 Ces spécificités orientent l’architecture du système d’information :  

  1. En raison de la complexité de l’évaluation des risques et du calcul des provisions, ces calculs sont générés par les actuaires au travers d’outils statistiques (dont SAS). Contrairement à la banque, la plupart des calculs ne sont pas portés par des moteurs de calculs administrés par les DSI : les actuaires les prennent en charge. Dans ce contexte, la mission de la DSI est de fournir des données fiables, cohérentes et exhaustives.

  2. En raison de la multiplicité des produits gérés et de la diversité des opérations de gestion, la maîtrise de la sémantique des données est gage de fiabilité du SI. Des équipes sont dédiées à la gouvernance de la donnée et travaillent en collaboration étroite avec le décisionnel et les équipes Big Data. 

Les grandes missions d’une DSI d’un assureur sont :

  • Rendre le SI plus performant :  maîtriser la donnée et sa qualité, réduire les délais d’arrêtés, gagner en réactivité et en agilité par l’urbanisation et la construction de référentiels entreprise transverses.

  • Accompagner la stratégie de l’entreprise :

    • Conduire la transformation digitale :

      • Captation de données sur les clients et les prospects via les outils digitaux, en vue d’améliorer le ciblage

      • Captation des comportements client afin de définir un niveau de prime qui soit le plus ajusté possible au risque porté

      • Etre au plus près du client en cas de sinistre

    • Concevoir de nouveaux produits à destination des professionnels

    • Augmenter la satisfaction client lors du traitement des sinistres

    • Mener les fusions entre les mutuelles (ex : fusion annoncée mi-2017 entre Istya, MGEN et Harmonie Mutuelle)

  • Tenir compte des nouveaux cadres légaux :

    • ANI : Généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés

    • Loi Hamon : assouplissement des procédures de résiliation à l’initiative des assurés

  • Répondre aux contraintes règlementaires :

    • Mettre en place la nouvelle règlementation sur les contrats d’assurance vie non réclamés (Loi Eckert)

    • Répondre aux exigences règlementaires Solvency II

    • Répondre aux nouvelles normes comptables : IFRS 9 (Actif), IFRS 17 (Comptabilisation des provisions à valeur de marché à horizon 2020-2021)

    • Mise en place de la directive européenne sur la Lutte Contre le Blanchiment de capitaux et le Financement du Terrorisme (LCB-FT).

 

Etienne et Patrick