Idée reçue : "La BI c'est de la technologie"

Statuer sur le sujet "Le domaine de la business intelligence est-il essentiellement technologique ou comporte-t-il également des facettes fonctionnelles et métier" c'est statuer sur un point de définition. On peut en débattre très longuement sans arriver à une réponse consensuelle et définitive. Ceci parce que l'on n'est pas forcément d'accord sur le sens de la question : Dans la proposition "La BI, cela n'est pas fonctionnel" comment faut-il comprendre "BI" ? 

 

Au lieu de nous hasarder à proposer ici une définition, disons plutôt à ce stade qu'il en est de la BI comme de l'art (soyons ambitieux dans nos comparaisons). Chacun a sa définition. Elles se recouvrent assez pour que l'on se comprenne, mais c'est le diable dès que l'on tente de fixer une limite précise.

Donc, oui.
Si, comme certains, on définissait la BI par la mise en œuvre des technologies d'intégration et de restitution de l'information, alors, certes, la BI serait un domaine essentiellement technologique. "Faire de la BI" serait alors "faire de l'ETL, des rapports et des tableaux de bord", ce qui ne serait d'ailleurs déjà pas si mal.

Mais… non.
Cette définition n'est pas la seule et n'est certainement pas la meilleure. "Une définition est la détermination des limites de l'extension d'un concept" (A. Lalande). Dans la définition technologique de la BI, les limites sont beaucoup trop restrictives. On proposera donc ici une vision plus large. Pour trois raisons principales :

La première, est que, même si l'on se limite aux processus d'intégration de données on ne parle pas que de technologie. Ces processus utilisent, certes, des technologies associées à la BI, mais c'est pour implémenter des fonctions telles que "Collecter des données", "Assembler des données", "Standardiser des données", "Mettre en qualité des données"…
Ces fonctions ne sont pas spécifiques à un métier (c'est même un enjeu de la BI, que de les mettre en place de façon transverse). Pour autant elles adressent bien des besoins Métier et il n'est pas possible de les mettre en place sans avoir une connaissance fonctionnelle approfondie des concepts qu'elles manipulent. Signalons, pour conclure sur ce point, que le comité de Bâle, qui n'est pas, à proprement parler, un club de développeurs technophiles, produit des directives sur les "capacités d'intégration de données".

La seconde raison est que, une fois collectées, assemblées, standardisées et mises en qualité les informations sont exploitées par des acteurs métier. Et cette utilisation, c'est aussi de la BI. Au sein des grands établissements financiers, dans les directions Finance, Risques, Commerciales et Marketing, les acteurs métiers produisent du reporting réglementaire, calculent une rentabilité, modélisent ou calculent des scores d'octroi, d'appétence, de churn ou d'américanité, affectent leurs clients à des segments de marché, calculent un écoulement ou proposent des tableaux de bord d'animation commerciale. Ces fonctions sont des fonctions Métier mais aussi de business intelligence en ce sens, notamment, qu'elles reposent sur une approche par les données et sur une vision transverse des informations de l'entreprise.

La troisième raison est que BI consulting a choisi, depuis sa création, d'apporter de la valeur à ses clients en leur proposant une approche de la BI qui soit à la fois Business et IT. La réussite de cette approche vaut démonstration de l'intérêt d'une définition qui s'étende au fonctionnel et au métier. Cette réussite se matérialise par la confiance que nous accordent nos clients (Métiers et IT) et le fait que 150 collaborateurs BI y travaillent quotidiennement.

 

David F.