Garanties et qualité de données : duo au coeur du COREP

Certains préfèrent parler de "sûretés", mais le terme "garanties" reste le plus générique. 

Un bien (matériel ou non), apporté en garantie est un collatéral. Attention à ne pas confondre la garantie -par exemple une hypothèque-, avec le collatéral qui en est l’objet –par exemple l’immeuble hypothéqué-. Cette distinction est d’ailleurs triviale avec les garanties personnelles, qui impliquent une personne (physique ou morale), le garant. 

 

Lorsque cela n’est pas précisé, une garantie est supposée reçue, c’est-à-dire qu’elle permet de minimiser le risque (du point de vue de la banque ou de la société financière).

Lorsque c’est la banque qui se porte garante, il est alors d’usage de préciser que la garantie est donnée. Mais oublions vite cela avant de sombrer dans la rédaction d’un article dédié aux passionnants crédits documentaires (ou lettres de crédit) et autres engagements par signature.

Nous allons ici nous concentrer sur les garanties liées aux financements des corporates (entreprises), en approche IRB (calculs bâlois utilisant des modèles internes).

 

 

L’impact sur le COREP... 

Du point de vue de la banque, une garantie se définit par rapport à un contrat ou un ensemble de contrats dont elle permet de minimiser le risque de crédit. La logique voudrait donc que le ratio de solvabilité du COREP en soit amélioré.

 

... des garants

Sous certaines conditions, lors des calculs bâlois, il est possible de substituer le garant au client ; cela permet généralement de profiter d’une meilleure signature (i.e. de diminuer la probabilité de défaut, mais cela peut aller au-delà…). Par exemple, si la note d’un client se dégrade, la part des encours cautionnés par un tiers qui lui était jusqu’alors équivalent ne subira pas de dégradation.

 

... des collatéraux

        Sous certaines conditions, lors des calculs bâlois, il est possible (oui, il y a comme un air de déjà-vu) de limiter l’espérance de pertes, voire de considérer une partie de l’encours comme non risquée. Pour prendre un exemple extrême, si un dépôt de garantie a été effectué, l’encours risqué est diminué d’autant lors des calculs. Malheureusement, il est plus courant que seul le taux de perte en cas de défaut soit bonifié, selon les modèles définis par la banque.

         

Le besoin en qualité de données

        D’un point de vue opérationnel, les garanties sont très bien gérées au moment de l’octroi du dossier de financement. Mais ensuite, dans la mesure où elles ne rapportent ni commissions ni intérêts, il pourrait sembler suffisant de les archiver proprement : elles auront peut-être une seconde vie, bien plus tard, lorsque les spécialistes du recouvrement prendront la créance en main...

        En fait, pour que les garanties soient prises en compte dans les calculs bâlois, il faut disposer de toutes leurs caractéristiques, y compris celles du garant ou du collatéral. Or ces dernières peuvent évoluer au cours de la vie de la créance. Par exemple, l’identification des garants doit permettre de les retrouver facilement dans les référentiels tiers, même s’ils ne sont pas clients et qu’ils ont subi des fusions/acquisitions. De même, les collatéraux doivent être régulièrement réévalués.

 

Avec Bâle III,  non seulement la réglementation s’est durcie, mais en plus de "nouveaux" concepts ont fait leur apparition dans les calculs, comme la Loan To Value (ratio entre l’encours et la valeur du bien financé ou du collatéral). Ce besoin en données de qualité est donc plus important que jamais et la BI est une bonne alliée pour piloter son amélioration : identifier les lacunes, estimer les gains pour convaincre les acteurs (référentiel, front office…) et enfin suivre les résultats des actions coordonnées.

 

Axel M.